Korus: Marching Runes

After this incredible opportunity to contribute to the e-version of Danielewski’s
Only Revolutions, that dream of a book,
I’m coming back to my own jam with
a new momentum.

A few words about the Korus, then, and welcome.

Tags will be tags, from an odyssey of word-picking through the streets
to digital chapter heads & entries.
To build quite a map & a maze, a deck of (hyper)cards,
both old & new, to journey through,
in as many languages as we can muster.

In this video are two years worth of Korus archive
rushed & shuffled
to the strange beat of Zombie Zombie’s very own Sun-Râ.

Press pause, pick a card, until it fits or puzzles.

Send me the screenshot(s)
,

and I’ll retrieve, translate, rewrite or come up with the corresponding page
from the Korus Corpus — and send it back to you.

A game of gems, wordpower, meaningtouch
and, you know, pictureflow.

Cheers from Paris & its web of streets
Noam
@norkhat

Korus€”: Marching Runes from Norkhat on Vimeo.

Pour fêter l’équinoxe, voici un concentré de Korus, et de la vie qui l’entoure,
pleine de signaux.

Nous vivons dans un monde où l’accéléré fait office d’entrée en matière,
ici le jeu sera, comme avec un paquet de carte qui défile
au bout du pouce, de dire stop, de faire pause,
quand bon vous semblera.

Autant de fois que nécessaire,
comme un tirage de tarots dépassant largement
le nombre de cartes réglementaires.

Envoyez moi un screenshot ou plusieurs, et je me charge de retrouver ou d’écrire la page qui lui correspond, le tirage des négatifs en question, en un temps lui aussi aléatoire.

@norkhat ou noam (at) norkhat (point) com

Trio

A mi-chemin entre un jour solaire sans soleil et ce lundi lunaire à venir, à minuit, je découvre un article sur Prospective du Livre, qui pose au futur des questions en devenir. Je me demande comment l’on sortira des cadres traditionnels de l’édition, ou plutôt comment nous allons redéfinir ce rectangle qui nous définit. Tablettes rectangulaires, écrans rectangles parfois étranglés, l’homme s’est tout de même singulièrement démarqué avec ses angles droits, ces surfaces régulières & angulaires qui nous servent à encadrer ce qui nous plaît, ce qu’on doit distinguer du monde alentours. Cadres et bords comme démarcations du royaume des inscriptions.

Les proportions de la tablette numérique rappellent immanquablement ses prédécesseurs, une famille rectangulaire s’étant essayée avant elle à toutes sortes de matières. Avatar de la Tabula — le mot latin désignant le meuble “table” étant mensa, la tabula a toujours été support d’écriture et de lecture. Espace plane, angles droits : propre aux plans, comme une paume toujours ouverte au sens, tendue vers l’expression. Bataille des flexibilités : le rouleau s’enroulait, mais la tablette en cire s’affirmait (déjà) réinscriptible ad aeternam.

Et notre bon codex, avec ses allures de mains ouvertes formant un angle ouvert que l’on pourrait refermer, n’est, sous la forme du cahier, ni plus ni moins qu’un immense rectangle dont un pliage subtil aura permis de rabattre et de rabattre encore sa matière sur lui-même pour le faire coexister son grand plan dans l’épaisseur, dans l’intimité du relié, dans la rapidité du feuilletable. Un coup de couteau libère les pages collées — magie du massicot et leçon précieuses des encarts détachables dans les magazines de bande dessinée : mes petits cousins pensent toujours qu’on imprime une à une les pages de leurs bouquins.

La tablette fut-elle séduite par l’épaisseur pressée d’une feuille de papier ? Le rouleau fut-il re-découpé en carrés à superposer ? La double-page s’est ouverte sur les âges comme un acte de Renaissance.

Mais il existait une autre tabula, quadrillée de carrés, comme un patron à replier. La table des jeux, bien sûr, le tablier.

Lors de mon bref séjour à Marseille, j’ai joué à deux jeux sur deux tables distinctes. Ma petite cousine s’était mis en tête de m’apprendre le Backgammon, dont une discrète recherche m’apprit avec joie que Rabelais le nommait Toute Tables. Néophyte, j’avais du mal à ne considérer que les deux bords opposés comme surfaces jouables, chacun avec leur propre gravité. Joie, pourtant palpable, de se prendre au jeu. Le lendemain, je proposais une partie d’échec à mon grand-père, sur son beau plateau nacré — et le voilà qui s’avise de ne placer qu’un pion sur deux, voulant, avec ces pièces si connotées, jouer au lieu au jeu de Dames. Il gagna avec brio, sur un dernier coup inattendu, la figurine de la Reine ayant enfin fait son retour sur le plateau.

Un fois le tablier vidé, je me mis à faire grincer les jointures en cuivre, le refermait et découvris au dos un incroyable gribouillis au feutre dont je me savais bien être l’auteur. Planchette, plan d’écriture d’avant l’écriture, je m’en rappelle comme d’un radeau au milieu de cette maison-labyrinthe : j’en un faisais mur, un faux-livre, un paravent, et puis je le mettais à plat et je constituais autour du cavalier blanc le cercle de ses déplacements à l’aide des pions noirs. Voix de mon grand-père. Ce cercle, que, même immatériel, je devais toujours voir se surimposer sur le plateau de jeu. L’ordre des coups possibles. Hier j’y voyais une pieuvre quantique y étendre délicatement ses tentacules vers huit possibilités, comme un cube dont on déplierait le patron en deux dimensions.

Renversement des règles. Puisque nous parlons toujours de tablettes, du devenir de la lecture et de l’écriture, je pense à la manière dont le cerveau bascule entre différents jeux : je fixe le plateau, et, joueur de Go, je vois soudain disparaître les cases et briller les intersections. Au Go on compte, on défend ses libertés. Sur le même plateau, échecs et dames co-existent sans s’interpénétrer  — c’est dommage. L’oeil du joueur, oeil plastique élastique. L’oeil du lecteur habile n’en est jamais éloigné : il remarque les opportunités, prend des initiatives, et par ses choix de lectures de la bibliothèque à la table des matières fait ses choix — pose ses mises.

Paradoxes d’une nuit sans sommeil : jouer au Go avec les pièces du jeu d’échiquier, jouer aux Dames sur un plateau de Backgammon. Et si c’est impossible, au moins ressusciter les variantes médiévales du jeu d’échec : quand on pouvait tirer l’humeur colérique ou mélancolique des pièces au coup de dé ou qu’on suivait la règle dite des “demoiselles” où l’on a l’obligation de toujours prendre quand on en a l’occasion (!). Sortir du cadre quand il a perdu son élasticité. Prendre plaisir, prendre part. Faire une partie. J’ai fait une partie de chemin avec des livres, certains, les plus précieux, m’ont tout de suite proposée une partie de très haute volée.

Même quand elle était en argile ou en bois, la tablette possédait ce caractère qu’on semble redécouvrir avec son avatar rétro-luminescent : une fois frappé du sceau de l’écriture sa surface réelle dépasse définitivement la surface mesurable, quantifiable. Carré ou 4 par 3 — cela n’a plus grande importance : le sens les dépasse toujours de son arborescence. C’est ce qui fait qu’un livre est toujours plus grand de l’intérieur que de l’extérieur, vérité que l’on ira chercher dans La Maison des Feuilles si l’on se sent lecteur-aventurier…

Le lire (sur support) numérique, l’écriture (déjà tellement) informatisée doit participer de ces acrobaties évoquées : nous savons jouer à de nombreux jeux, alterner les rythmes et les enjeux, passer des jeux de cartes à ceux des tables à ceux du dé. Bien mal luné celui qui refuse d’en apprendre un nouveau, auprès de nouvelles connaissances. Mais nous négligeons ces facultés. Nous partons pourtant après de nouvelles connaissances…

Je refais inlassablement  le manifeste de mon projet, dont je n’ai pour le moment qu’une table de(s) matières, mais si vivace qu’elle se déplace partout où je vais : alpaguant des mots dans mes lectures, arrêtant le regard sur un tag dans le métro plutôt qu’un autre (ce dernier vu à Rambuteau me rappelant des pans de poèmes sur la peau : PANGÉA !), suscitant l’écriture, la relecture, la réécriture. Frissonnante impression de nymphoses & de germination.

Foucault appelait la lecture et l’écriture mêlées une véritable technique de soi — mais ces techniques elles-aussi filent leurs chrysalides. Je me rappelle Éluard dans la bouche d’un personnage d’Alphaville :

Nous vivons dans l’oubli de nos métamorphoses

Cette fois-ci, j’ouvre l’œil — j’étends l’oreille et mon clavier repose sur ce cahier.

Je pense à ces jeux oubliés, endormis dans le célèbre Libros de Los Juegos, livres des échecs, dés et tables où tout l’imaginaire de l’Andalousie s’immisce dans les enluminures où des maures, des dames, des clercs et des chevaliers s’adonnent au jeu de l’esprit et du hasard. Rencontres autour d’un tablier. Et pourtant jeux interdits par l’église et les rois— même le Backgammon (!) comme tremplins vers le vice et la distraction…


Lancé de tant de dés dans tant de dimensions — la lecture sociale comme l’entend le numérique augmente il est vrai le nombre de joueurs à notre table. Qui à cette heure tardive a sur son bureau après le livre de François Bon ? Dans quelle bulle partagerons nous nos lectures ? Notre style de jeu, nos modes de lectures eux aussi sont pimentés, parfois malmenés : du DRM comme jeu d’échecs dont les pièces auraient été cimentés.

Eluard murmure encore :

Sommes nous près ou loin de notre conscience ?

Nos écrans s’additionnent, nos liens se perpétuent, ce rectangle-ci sait dépasser le nombre défini de ses côtés…

Et voilà que je recherche désespérément un véritable fac-similé de ce Livre des Jeux établi par Alphonse X de Castille en 1280, à la croisée des mondes, dans cette Espagne-interfacée qui n’avait pas encore effacé l’Al-Andalous — mais je n’en trouve sur le net que de mauvaises photographies. Encore un défi d’édition numérique car c’est un livre qui demande immanquablement à être joué à plusieurs. Leçons d’intellect et de hasard : même la mort de Bergman n’a pas pu lui refuser une partie d’échec.

Je me rappelle distinctement mes premiers cours de lecture, sur les genoux de mon grand-père, épelant la méthode Boscher. Mais je ne sais pas quand j’ai commencé à jouer. Dans le salon obscur, pendant que mes grands parents dormaient — je suis revenu voir Marseille scintiller. Je me suis assis avec ce livre de Ghérasim que j’aime comme un ancêtre magique, et à voix-basse, dans la pénombre, en mimant le son si particulier de sa voix, je me suis pris à (re)lire Passionnément. A mi-chemin entre le joueur et l’interprète : polysémie de leurs verbes respectifs…

Jouer. Interpréter.



Avec le langage pour échiquier, pour damier, pour go-ban, pour tablier. Avec une tabula pas rasa du tout mais tout de même bien endiablée, avec ses marges à inventer. Chaque point final y ressemble à un puits dans lequel on pourrait légitimement sauter. Hypnotique oeil du cyclone comme en parsème xCopy — artiste à qui je passe la main  sur cette improbable connexion : l’objet de notre dernière entrée, la statue du fronton de l’église St-Merri, avec sa tablette et ses rets est beaucoup plus récente que l’édifice lui-même. C’est belle et bien une copie, prise sur la façade de Notre-Dame. Elle a donc eu un moule, une matrice, elle est à la fois représentation et duplicata, exportée & greffée sur un corps étranger, relecture et réécriture d’un siècle voulant combler les niches détruites à la Révolution. Huysmans — par la grâce du domaine public — avoue tout sur internet : voilà que cette église du XVIe à la réputation sulfureuse avait été momentanément changée en très laïque usine à Salpêtre. On appréciera la connotation alchimique,

avec H. le diable est toujours dans les détails.

Prochain épisode : partir du centre de la table,  comme en voyage au centre de la terre, histoire de se laisser guider par les évènements. MERLIN nous livre d’emblée sa table ronde, le cycle arthurien et ses mythologies mêlées dans un vaste creuset :  ce graal du bout des langues, si fertile et si désiré, de conteur en conteur — jusqu’au Roi-Pêcheur de Julien Gracq, castel intertextuel qui lui donne une de ses plus belles définitions.

“Il y a beaucoup de chambres dans la maison de mon père” est une phrase qui gagnerait beaucoup à être placée dans la bouche de l’enchanteur.

Rets, réseaux, rétention

Une image, la nuit dernière, a provoqué bien des remous. Un filet épousant les contours d’une statue, dans une rue que j’ai empruntée toute ma vie, m’a soudain mis à l’arrêt : pour réfléchir à ce qui, dans la pensée, fait filet. Ce qui transforme, ce qui retient,  ce que Bernard Stiegler appelle les rétentions tertiaires : l’étape de médiation sur mémoire externe de ce jeu de passoires et de rets.

J’utilise à nouveau scribd pour mettre en ligne un essais de mise en page-écran, n’hésitez pas à télécharger (en cliquant sur l’image) ou  à passer en full-screen. Je soumets aux yeux d’un visiteur errant cette réflexion. Mais je sais que je suis déjà bel et bien pris dans ce filet : St-Merri a donné son nom à l’école primaire où j’ai appris à lire & à écrire, et revenant de Marseille, où j’entends encore l’écho de mes premiers abécédaires avec mon incroyable grand-père, je vois quel chemin je retrace, inlassablement, jusqu’à la racine. Jusqu’au génome, jusqu’aux atomes du rhizome. Pour repartir de plus belle.

Rets Réseaux Rétentions

Back from #mars

Revenant de Marseille, j’ai des merveilles dans mon escarcelle.
Certes j’ai pris du retard sur mon programme de publication : je vois filer les mercredi !

Mais le projet voit pousser de partout des boutures, la table se déplie en patron —
pour prolonger le mois de Mars en Avril, j’ai donc changé de planète, et j’ai pu ressentir à quel point chaque ville porte sur ses murs l’univers sémantique d’un peuple de signatures distinguées. RMR, ouvre le bal, vu du train, et le sel des vagues qui battent la première jetée a un goût d’épopée : OMER est tagué en contrebas. J’approche la Bonne Mère, je reprends rapidement l’accent et je fouille chez mes grand-parents une cave grande comme un inconscient.

Au fond d’un carton, un vieux livre jauni — ce n’est pas le mien mais j’en ai déjà parlé sur cette page. Un tag, Rune, sur un mur de Bastille me fit revisiter toute la légende de la révélation de l’alphabet runique à Wodanaz-Odin enlacé au grand Chêne-Ygddrasil (une des figures du poème dit de l’Homme (sus)pendu que je vous invite à télécharger).  Qu’il est curieux de retrouver la page où l’on se rappelle avec précision avoir lu un mot pour la toute première fois !



Que voilà un voyage maintes et maintes fois entrepris. Dans l’imaginaire. Voici un auteur que l’on néglige trop facilement, et chez qui je retrouve tant de départs de feu.
Bien avant que Tolkien n’en orne ses cartes, les intégrant dans ses langages fantastiques, Jules Verne avait posé au professeur Lidenbrock une énigme runique sur laquelle reposait toute l’aventure du roman. Une énigme, une amorce, la barrière triplement infranchissable de l’alphabet étranger, de l’énigme, du cryptogramme. Voici des notions que m’imposent encore aujourd’hui les murs de Paris.

En feuilletant ce livre, je me reprends au jeu : buter contre le sens, sourire de la manière accidentelle dont le narrateur, amoureux de la pupille du professeur, fournit la solution (“Je t’aime bien ma petite Graüben”, l’énoncé le plus crypto-érotique de tout Jules Verne !). Transcription phonétique, réorganisation typographique et finalement inversion du sens de lecture (il fallait partir de la fin du texte !), c’est au centre du sens que l’on voyage.

Bien sûr je remarque que c’est précisément ces passages & leur mise en page qui avaient sauté dans l’ePub, lors de ma lecture numérique du Voyage (car celui-ci précède l’Autre) au sein du Cyber-Missel. Voici un cas précis où les notions de fixed-layout et de feuilles de style deviennent vitale, même (surtout) pour numériser un roman du domaine public. Une omission en forme de défi, pour mes maigres connaissances en la matière. On y reviendra.

Même le paragraphe final, hermétique au sens évocateur, devra être renvoyé aux rayons du soleil effleurant le pic d’un volcan endormi, marquant la crevasse par laquelle le roman — après cet intense chapitre introductif — peut commencer, peut s’engouffrer.

Peut-on rêver d’un plus joli seuil runique ?

Easter #Egg ou Fait-Glissades, ils abondent aussi sur les rivages de la Méditerranée.

À la file indienne, les protagonistes de Jules Verne, comme ceux de René Daumal en son Mont Analogue, s’enfoncent à la recherche de leur graal géographique, un hors-lieu où personne ne peut les suivre. Trouvailles, lectures et carnets m’offrent une #piste serendipitaire, je m’y engouffre à mon tour.  Beaucoup d’effets d’annonce, mais rien n’interdit d’ouvrir successivement plusieurs grandes parenthèses, accolades et crochets :

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Effet d’optique, je vois des lettres et leur archéographie se dessiner, quand une ligne devient signe.

 

Si l’on se rappelle nos visées sur le sous-marin en cale sèche au parc de la Villette, on appréciera ce collage inopiné sur lequel reposait l’ouvrage.
#MRS

#FARAON

Mercredi 4 avril, premier épisode :  partir de #FARAON, sortir d’Égypte.

Qui ?
Pharaon — étymologiquement Paroh, le grand Palais-Palace : hébreu mimant l’égyptien & grec passé latin.

Pharaon  commande aux esclaves la fabrication des briques dont la combinaison forme ses bâtiments. La manipulation des blocs dont l’empilement formera ses pyramides.

Les esclaves fabriquent donc des atomes pour Yul Brynner.

Sortir d’Egypte, sortir d’esclavage, construire sa propre maison.
D’où sors-tu ? Que construis-tu ? Et pour qui ?

Pour Ouaknin, l’alphabet proto-sinaïtique serait né dans des mines de turquoise, de la déformation graphique d’une trentaine de hiéroglyphes.

Graffitis tirant vers l’abstrait sur l’or bleu des dieux, l’or blanc des glyphes.

Des esclaves et des plèbes puisant dans la langue hiératique de leurs maîtres puissants de quoi faire un rébus, une trentaine de sons. Une vingtaine de lettres. Une infinité de combinaison.

Naissance de l’alphabet consonnantique. Atomes dont la combinaison, briques dont l’empilement, blocs dont la manipulation…

A qui l’on refuse d’avoir une bouche, à qui l’on coupe la main qui touche. Et qui connaîtrait mieux la rage de l’expression ?

L’alphabet facilite l’étiquette, l’étiquetage.  Et cet alphabet marchandise — c’est ce que transporterons si bien les Phéniciens sur le pourtour de la mer qui sonne antique. Des langues se mirent à s’inscrire. Évolution des signes en arborescences, et cet abécédaire peut s’appeler clavier.

Mais ce soir, je veux sentir l’argile et la clé.
La Bastille a-t-elle été démontée pierre par pierre. Atomisée.
Comme les briques du Colisée, ont-elles servi d’autres carrières ?
Et l’alphabet retrouve soudain son goût de rébellion.
Apprendre l’alphabet — s’en servir.

O contre-un #FARAON

“Tell old pharaoh” & pour K. Dick le Maître du Haut Château.

Le jeudi 8 mars je devais partir de Bastille, mais je quitte la trame du métro pour suivre le canal de l’Arsenal. J’y lisais un bon point de départ : #RUNE souligné d’ #OAZAR, comme un déterminant.

Les murs comme mémoire extérieur — mais de qui suis-je là mémoire ?
Voici le tag #brique dans mes notes à la jetée, mes clichés pris suivant cette rencontre.

 

Un mois plus tard, j’entrevois le texte qui s’élabore derrière cette première tête de chapitre.
Et ce post lui même a déjà par trois fois été altéré. Revenir changer l’enchaînement de certaines briques. Est-ce un art : ré-arranger ses mots ?  Interroger le Rubik’s Cube.

 

En quittant le quai où l’on entrevoit encore des blocs de cette Bastille démontée par une force plus grande qu’elle, j’ai longé le canal, les écluses, le pont, la rue (Paris à l’essentiel) — &  le Jardin des Plantes qui m’ouvrait ses portes portait partout gravé dans la pierre des mots bâtis autour du mot pour vie, pour vivant, on a beaucoup dégradé le sens du mot #ZOO qui ne signifie pas prison. Ce sens premier marque l’entrée de ma table des matières. Des mots défiant la maille des murs — parfois à demi effacé. A reconstruire, à interpréter.


Pourquoi dit-on qu’on écrit sur des tables ? Qu’on écrit des tables ? Des tablettes ? Parce que la tabula est avant tout plane. Espace lisse, appelant l’inscription. Le sol, le mur se transforment aisément en table : un plan suffit pour la marque. Entre leurs briques les murs depuis Sumer dessinent des quadrillages, des réseaux sur lesquels les graffitis semblent s’inscrire en porte-à-faux. Première tablette de l’épopée de Gilgamesh : voyez les murs d’Uruk, il sont beaux comme des filets à oiseaux. Et voici le premier beau comme inscrit. On glisse, avec des mots comme ceux-là.

Go down ! ” reprend le coeur d’Armstrong  : il est temps de parler de réseaux.
Car je connais la forme d’une brique, mais qui peut me dire la forme d’une maille ?

Et cette polysémie dont on ne pourra faire l’impasse. Des chaînes aux chaînons, liens et maillons : Link et net sont encore au pied du mur. Hermès & mercredi, je pars approfondir la question.

L’homme (sus) pendu

Joie de l’écriture qui revient.
Il est question de sens, d’inspiration et de ce tour de force : retourner le corps comme on retourne un sablier.

Le sable, le sang, le temps, le sens continuent à couler et pourtant tout à changé.

 
Hanging man – L’homme (sus) pendu