Back from #mars

Revenant de Marseille, j’ai des merveilles dans mon escarcelle.
Certes j’ai pris du retard sur mon programme de publication : je vois filer les mercredi !

Mais le projet voit pousser de partout des boutures, la table se déplie en patron —
pour prolonger le mois de Mars en Avril, j’ai donc changé de planète, et j’ai pu ressentir à quel point chaque ville porte sur ses murs l’univers sémantique d’un peuple de signatures distinguées. RMR, ouvre le bal, vu du train, et le sel des vagues qui battent la première jetée a un goût d’épopée : OMER est tagué en contrebas. J’approche la Bonne Mère, je reprends rapidement l’accent et je fouille chez mes grand-parents une cave grande comme un inconscient.

Au fond d’un carton, un vieux livre jauni — ce n’est pas le mien mais j’en ai déjà parlé sur cette page. Un tag, Rune, sur un mur de Bastille me fit revisiter toute la légende de la révélation de l’alphabet runique à Wodanaz-Odin enlacé au grand Chêne-Ygddrasil (une des figures du poème dit de l’Homme (sus)pendu que je vous invite à télécharger).  Qu’il est curieux de retrouver la page où l’on se rappelle avec précision avoir lu un mot pour la toute première fois !



Que voilà un voyage maintes et maintes fois entrepris. Dans l’imaginaire. Voici un auteur que l’on néglige trop facilement, et chez qui je retrouve tant de départs de feu.
Bien avant que Tolkien n’en orne ses cartes, les intégrant dans ses langages fantastiques, Jules Verne avait posé au professeur Lidenbrock une énigme runique sur laquelle reposait toute l’aventure du roman. Une énigme, une amorce, la barrière triplement infranchissable de l’alphabet étranger, de l’énigme, du cryptogramme. Voici des notions que m’imposent encore aujourd’hui les murs de Paris.

En feuilletant ce livre, je me reprends au jeu : buter contre le sens, sourire de la manière accidentelle dont le narrateur, amoureux de la pupille du professeur, fournit la solution (“Je t’aime bien ma petite Graüben”, l’énoncé le plus crypto-érotique de tout Jules Verne !). Transcription phonétique, réorganisation typographique et finalement inversion du sens de lecture (il fallait partir de la fin du texte !), c’est au centre du sens que l’on voyage.

Bien sûr je remarque que c’est précisément ces passages & leur mise en page qui avaient sauté dans l’ePub, lors de ma lecture numérique du Voyage (car celui-ci précède l’Autre) au sein du Cyber-Missel. Voici un cas précis où les notions de fixed-layout et de feuilles de style deviennent vitale, même (surtout) pour numériser un roman du domaine public. Une omission en forme de défi, pour mes maigres connaissances en la matière. On y reviendra.

Même le paragraphe final, hermétique au sens évocateur, devra être renvoyé aux rayons du soleil effleurant le pic d’un volcan endormi, marquant la crevasse par laquelle le roman — après cet intense chapitre introductif — peut commencer, peut s’engouffrer.

Peut-on rêver d’un plus joli seuil runique ?

Easter #Egg ou Fait-Glissades, ils abondent aussi sur les rivages de la Méditerranée.

À la file indienne, les protagonistes de Jules Verne, comme ceux de René Daumal en son Mont Analogue, s’enfoncent à la recherche de leur graal géographique, un hors-lieu où personne ne peut les suivre. Trouvailles, lectures et carnets m’offrent une #piste serendipitaire, je m’y engouffre à mon tour.  Beaucoup d’effets d’annonce, mais rien n’interdit d’ouvrir successivement plusieurs grandes parenthèses, accolades et crochets :

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Effet d’optique, je vois des lettres et leur archéographie se dessiner, quand une ligne devient signe.

 

Si l’on se rappelle nos visées sur le sous-marin en cale sèche au parc de la Villette, on appréciera ce collage inopiné sur lequel reposait l’ouvrage.
#MRS

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